Laurence, « La mobilité en toute liberté »

L’expérience du cycliste comme fil conducteur

Le vélo est aujourd’hui dans l’air du temps. Il est plus visible dans la ville. Le nombre de cyclistes a augmenté. Le portrait-type du cycliste a également changé. A Rennes comme ailleurs, le vélo en libre-service a montré que les citadins étaient prêts à expérimenter de nouveaux dispositifs à condition qu’ils soient faciles d’usage. Dans les couronnes, des cyclistes testent et expérimentent des itinéraires pour aller au travail à vélo. Un potentiel existe pour le développement de l’usage du vélo. Comment le faire émerger ? Le développement de nouveaux aménagements ! C’est souvent la réponse des aménageurs et des urbanistes.

Notre intuition de départ est que le vélo n’est pas seulement une affaire d’aménagement même si ce point compte. Il faut explorer d’autres registres d’expérience du cycliste. Nous sommes allés à la rencontre de cyclistes et les avons suivis sur leurs parcours. Il s’agissait le plus souvent de parcours entre domicile et travail, des allers ou des retours mais aussi des parcours avec un cycliste allant à la piscine ou encore avec les triporteurs rennais.


13 parcours commentés

Nous avons réalisé une vingtaine d’entretiens avec des cyclistes. Ils nous ont raconté leur histoire avec le vélo, nouvelle ou parfois ancienne, les plaisirs d’être au grand air et dans la nature, le choix des différents itinéraires, les gênes et les énervements… Après analyse des entretiens, nous avons accompagné une quinzaine de personnes à vélo dans leur trajet. Le cycliste nous proposait un trajet, un aller ou un retour au travail ou à une activité. Il était équipé d’un dictaphone avec un micro-cravate et décrivait son parcours chemin faisant : le vélo et son équipement, les différentes séquences, la roulabilité et la lisibilité des parcours, les principales gênes rencontrées, ressentis, le rapport avec les automobilistes et les piétons en ville, les ambiances du parcours, les petits et grands repères visuels, les espaces qui parlent, racontent des histoires, les moments d’échange avec d’autres cyclistes ou des personnes qui font parties de leurs parcours, les engueulades avec des automobilistes, le stress dans le flot des voitures et le respect ou non du code de la route (passage au rouge, usage des trottoirs…). Les parcours duraient environ une heure, le temps du trajet et des moments où le cycliste souhaitait s’arrêter pour nous montrer des aménagements bien faits, d’autres moins, voire incompréhensibles ou tout simplement partager avec eux un plaisir devant un beau paysage, une fenêtre de nature dans la ville…Nous écoutions sans commenter, sans juger. Nous étions le plus souvent derrière le cycliste ou à côté avec un appareil photo et avons photographié les différentes séquences des parcours collectant plus de 400 photos par parcours. Les photos et les paroles recueillies ont été montées dans un petit film. Les choix ont souvent été difficiles car nous souhaitions des restitutions sous la forme de vidéos courtes, de 4 à 12 minutes afin de pouvoir les diffuser dans des réunions, des séminaires d’élus et plus largement en faire des outils facilement appropriables. Volontairement, nous avons conservé un montage long, de 18 minutes afin de montrer quasiment l’exhaustivité du parcours, en faisant peu de coupes. Chaque cycliste a eu l’occasion de regarder et de commenter la vidéo de son parcours. Une séance collective avec l’ensemble des cyclistes ayant participé au projet a été l’occasion d’un échange plus large.


Remerciements

Nous remercions l’ensemble de personnes qui ont participé à ce travail, les cyclistes qui ont accepté de nous recevoir, de nous guider dans leur parcours à vélo.

Merci à : Dominique, Emmanuelle, Fabien, Gabriel, Guénolé, Jérôme, Joël, Laurence, Laurent, Marie, Pascal, Ronan et Xavier ; et à toutes les autres personnes que nous avons rencontrées et avec lesquelles nous avons échangé pour la préparation des entretiens et des parcours. Tous nous ont livré beaucoup de temps en souhaitant que leur engagement dans ce travail soit utile à la réflexion et une aide à la décision politique.


Conception du dispositif, réalisation des interviews et des parcours commentés

Johann Bosc et Zoé Coruble (département de sociologie de l’université de Rennes 2), Eric Le Breton, maître de conférence en sociologie à l’université de Rennes 2 et Bruno Le Corre, chargé de mission à l’Audiar.



Une production de l’observatoire des déplacements de l’Agence d’urbanisme de l’agglomération rennaise

Contacts

Bruno Le Corre (Audiar)
Eric le Breton (Université de Rennes 2)

b.lecorre@audiar.org
eric.lebreton@uhb.fr