La performance de la recherche publique figure en tête des priorités de tous les agendas politiques, qu’ils soient européens ou locaux. Ainsi, parmi les trois axes de son projet communautaire, Rennes Métropole a inscrit le soutien à la connaissance et à l’innovation. Cette priorité est à mettre en perspective avec la profonde mutation en cours de notre système d’enseignement supérieur et de nos organismes de recherche publique.
Rennes est le 7ème pôle d’enseignement supérieur et de recherche français (hors Paris) avec près de 60 000 étudiants et 2 400 chercheurs publics. Elle compte deux universités, douze écoles d’ingénieurs et vingt sept autres écoles et instituts. Par ailleurs, la présence de grands organismes de recherche de notoriété internationale contribue de manière décisive à son rayonnement européen.
Les mutations structurelles d’organisation en cours auront certes des conséquences sur les structures présentes à Rennes mais aussi sur la géographie universitaire en Bretagne. Est-on arrivé en France à un point de rupture ? Assiste-t-on à l’essoufflement de la diffusion géographique des sites universitaires et au retour d’une logique de site autour de quelques pôles d’excellence ? Comment conjuguer au mieux un aménagement universitaire optimum, une excellence scientifique vitale et un aménagement du territoire équitable ?
Ces questions sont importantes car le système universitaire breton est à l’image peu ou prou de son système urbain, polycentrique. Les réformes engagées actuellement par le gouvernement réinterrogent le modèle régional sans toutefois le remettre en cause dans ses fondements. Elles posent la question d’une hiérarchie entre les pôles universitaires.